Fils RSS pour les
Articles
Commentaires

Annabelle est une tornade. Elle parle fort, elle est directe et ne fait pas de manières.  Le dimanche matin sur les quais de Saône, au marché de l'artisanat de Lyon, elle tourbillonne d’une cliente à l’autre. Pour l’une ce sera une broche, pour l’autre une jupe et un tee-shirt, ou encore des boucles d’oreilles. Quand on rentre du marché, il est amusant de croiser des femmes arborant fièrement leur petite broche Anacoudra achetée quelques minutes avant. Depuis l’hiver dernier, les broches qui ont égayé mes manteaux et vestes ont d’ailleurs suscité beaucoup de compliments !

Ce qui attire l’œil sur le stand d’Annabelle, c’est cette multitude de couleurs flashy. Fushia, vert, bleu turquoise, rouge, on s’en prend plein les yeux. Impossible, of course, de résister !

Du tissu et de la feutrine en voici en voilà, quelques boucles d’oreilles qui se font assez discrètes sur le stand, impossible de deviner que cette demoiselle de 27 ans a fait trois ans d’études en bijouterie joaillerie. Elle a même remporté le prix d’Excellence 2006 du bijou et du joyau. "J’ai voulu faire cela après mon bac, j’avais créé ma marque, Nabou Création, et en parallèle de mon CAP,  je participais à des Festivals comme celui de Chalon-sur-Saône. Mais il y a beaucoup de concurrence dans ce domaine et soit je changeais de domaine, soit je coulais. Dans les marchés, je voyais souvent des créations avec des beaux tissus, j’ai commencé à rêver de machine à coudre, de patrons et je suis partie m’acheter une machine, des bouquins, et j’ai appris toute seule".

Annabelle sort alors d’un de ses tiroirs des choses qu’elle apprécie et démonte tout pour voir comment elles sont faites. Elle se lance dans des choses simples : des jupes portefeuille, qu’elle habille de tissus.  "Au début, j’en mettais 10 à côté des bijoux, puis 15, puis 20" se souvient la créatrice. Puis elle personnalise des tee-shirts. Elle se lance plus tard dans la création de 'petits produits' - moins chers - telles que ses broches  ou ses boucles d'oreilles.

Paradoxalement, Annabelle est elle toujours habillée en noir, en jean et en marcel. "Et pas un marcel avec des dentelles, un bon vieux marcel" dit-elle en rigolant. Ses créations, elle ne les porte pas, sauf le dimanche "pour jouer le jeu". Pourquoi cette adepte du jean ne propose-t-elle pas de pantalon au moins ? "Le souci, c’est que je ne suis pas couturière. Il y a des barrières techniques que je dois franchir. Pour l’instant je ne sais pas faire de pantalons, et je n’ai pas le temps d’apprendre. Au début, j’ai pu apprendre parce que je n’avais pas besoin de refaire du stock, mais maintenant c’est compliqué. J’ai cousu ma première fermeture éclair l’année dernière seulement ! Les couturières s’amusent en réalisant des frous-frous, des coupes particulières, travaillées, moi ce qui m'éclate ce sont le graphisme et les couleurs".

Et quand elle parle de ses tissus, Annabelle s'emballe : "L’avantage avec le tissu, c’est qu’il y a des dessins dessus !  Il ne me reste qu’à assembler, jouer avec les motifs et les matières.  Je dois avoir  un petit œil graphique parce que ça clignote cash dans mon cerveau quand ça ne va pas, et les gens sont très réceptifs à ce que je propose. La couture est essentielle pour créer la base des vêtements, mais c’est avec les motifs que je m’éclate".

L’été Annabelle se rend dans des Festivals tel que Chalon-sur-Saône (depuis 8 ans, le Printemps de Bourges ou Aurillac (depuis 6 ans). Et le dimanche, elle est sur les quais de Sâone au marché de l’artisanat de Lyon. "Depuis deux ans, ça a explosé. Le bouche-à-oreille a très bien fonctionné. Souvent, des gens viennent me voir sur le marché et me disent 'on avait peur que vous ne soyez pas là' parce qu’il sont venus pour voir mes créations. C’est un vrai bonheur !" La créatrice se dit aussi que le carton relativement récent de la marque Desigual en France a dû l'aider. "Des gens qui n’auraient pas oser porter des jupes colorées le font peut-être davantage depuis que la marque s’est implantée en France".

Ça marche tellement qu’Annabelle coud tout le temps. "Le matin, je me lève, je prends un bol de céréales, et hop je couds. Je suis constamment à flux tendu". En ce moment, Annabelle prend un break, enfin par break, elle entend ne pas aller au marché de Lyon pour ne pas vendre et ne pas devoir refaire son stock. Eh oui, pas facile d’avoir du succès :). Si elle a décidé de s’accorder un peu de temps (un mois à peine !), c’est pour créer de nouvelles choses. "J’en ai marre de faire toujours les mêmes modèles. En ce moment, je m’éclate à créer des serre-tête, des écharpes, des foulards. Ça faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé. C’est bien sympa de bosser mais si j’ai fait ce métier c’est aussi pour me faire plaisir et là je respire avec les nouveaux modèles". A terme, Annabelle, qui a déjà eu un atelier, souhaiterait en reprendre un avec suffisamment d’espace pour créer un showroom. Mais elle verra plus tard, parce que pour l’instant, c’est une maison pour fonder une famille qu’elle souhaite acheter.

Auteur : Agathe Descamps
Nb posts : 215
Tous ses posts

5 réponses to “Anacoudra : des fringues et des broches graphiques ultra colorées”

  1. Agathe says:

    Coucou ma ju ! Pour les jupes, c’est 65 euros, elles sont vraiment top 🙂 Et les broches 8 euros et 7,50 si tu en prends deux, avec la livraison gratuite! Of course I will show you 🙂 Bisous et j’espère à la semaine prochaine. Te tiens au jus!

  2. ju says:

    juste oublier de signer, c’etait juliette

  3. Anonyme says:

    waouh!!!! j’adore!!! peux tu mettre une idée du prix pour une jupe comme celles la? faudra que tu me montres toutes tes nouvelles acquisitions!!! a bientot!!! gros bisous

  4. Agathe says:

    C’est clair que les jupes sont supers ! J’ai craqué. La mienne est dans les tons bleu !

  5. La Souris says:

    Très jolies, très colorées ses créations ! J’adore (surtout les jupes) 🙂