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Dès le salon Création et Savoir-Faire de novembre dernier, j’avais flashé sur les illustrations de Catherine Rebeyre. Mais je n’avais jamais eu l’occasion de la rencontrer.  C’est en interviewant Delfine, la créatrice de Matûvû créations que je vous ai présentée dernièrement, que Catherine Rebeyre a ressurgi, puisqu’elles sont amies toutes les deux.  C’est le salon Court circuit qui m’a enfin donné l’occasion de la rencontrer et d’admirer une fois de plus ses tableaux.

Tout d’abord, ça se sent : Catherine Rebeyre, du haut de ses 46 ans , n’est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds.  Elle-même l’affirme : "je sais ce que je veux, et je sais ce que je ne veux pas". Et ce qu’elle ne voulait plus, après avoir travaillé pendant quinze ans en tant que styliste pour des marques comme Etam, Tartine et Chocolat, La Redoute, c’est "de faire à la façon des autres, qui correspond souvent à une reprise des tendances. Je n’avais plus envie, et ce n’est pas bon de se forcer en création. Artistiquement, je ne savais plus qui j’étais. J’avais envie d’être libre, d’exister". Alors comme elle peint depuis toute petite, elle commence à accorder plus de temps à ce loisir. Progressivement, cette passion prend toute sa place dans la vie de Catherine Rebeyre, qui décide de lâcher définitivement le stylisme trois ans après s’être remise à peindre. Elle se consacre ainsi entièrement à sa peinture depuis 4 ans. "Je viens juste de retrouver mon style, ce que je voulais vraiment transmettre. Quand on créé sur commande, la créativité s’étiole, on se perd. Je suis contente de m’être enfin retrouvée".

 


Et si elle a voulu s’échapper du textile, celui-ci la rattrape malgré elle. Dans ses tableaux, on retrouve des bouts de textile, des rubans, des boutons… Tout ce que Catherine trouve joli et qu’elle estime avoir une place dans l’une de ses œuvres. Des œuvres qui ne sont pas créées en fonction d’une humeur, mais qui sont le fruit d’un long travail de recherche, pour chaque thème exploité par Catherine Rebeyre.  Si l’envie lui prend de faire une série sur les coquillages, Catherine Rebeyre va alors faire des recherches dans des livres, sur internet, dans des textes afin de chercher des coquillages rares, des noms. Elle entre ainsi dans un univers et à partir de là invente des histoires qu’elle traduit en dessin. Parfois même, elle cache du texte dans ses tableaux.  "J’ai une grande boîte dans laquelle je mets tous les textes qui m’inspirent et qui me plaisent, à partir desquels je fabrique des histoires ou des phrases".  Lorsqu’elle a épuisé son imagination sur un thème, elle passe à un autre.

Actuellement, elle travaille sur les mauvaises herbes, après avoir travaillé sur les poissons volants. Malgré ces inspirations qui viennent de la nature, tous les tableaux de Catherine Rebeyre mettent en scène un personnage, souvent une femme au visage très long et très fin. La plupart du temps brune. Ce que l’artiste aime par-dessus-tout lors de la réalisation de ses tableaux :  "prendre un peu de tout, que ce soit dans les textes, dans les couleurs, dans les matières etc". D’ailleurs, on lui a déjà fait la réflexion que ses tableaux étaient en quelque sorte des patchworks.

Les tableaux de Catherine Rebeyre ne sont présents que rarement dans des galeries. Son travail, l'artiste le montre lors de portes-ouvertes qu’elle organise dans son atelier ou dans des salons comme Court Circuit. Ses dessins sont aussi édités chez 1,2,3 Grenouilles.  Elle travaille également avec Joëlle Normand dont elle utilise notamment les enduits.

Ce qui passionne également Catherine Rebeyre, c’est la transmission de sa passion. Elle rencontre ainsi des collégiens pour parler de son métier, et réalise des projets artistiques avec des classes de primaire. Elle organise de temps à autre des dimanches artistiques pendant lesquels elle fait partager ses recherches à partir desquelles les gens vont créer quelque chose. Mais dans tout cela, rien n’est régulier : "si c’est régulier, je fais un blocage".  Toujours la liberté. Avec la poésie, ses tableaux oniriques et son caractère affirmé : voici Catherine Rebeyre. Une artiste qui a bien fait de lâcher le stylisme, pour nous emmener rêver dans un univers de conte de fées.

Que pensez-vous des dessins et tableaux de Catherine Rebeyre ?

Vous aimez ? Quelle sensation vous procurent-ils ?

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21 réponses to “Catherine Rebeyre : de styliste à illustratrice pour retrouver la poésie, la créativité et sa liberté”

  1. rasha dit :

    C’est toujours un plaisir de voir ses oeuvres, c’est toujours plein de délicatesse, de tendresse et je pense que cela reflète la personnalité de Catherine…
    C’est toujours aussi beau…
    et très recherché…
    C’est toujours un enchantement…

  2. marie-pierre dit :

    pouvoir créer, c’est vivre !
    lorsqu’on s’adonne souvent à la création, on ne cesse de renouveler l’espoir !

    avec les tableaux de Catherine, on peut toujours rêver car il y a beaucoup de légèreté, de maternité et de féminité et sans doute beaucoup d’autres choses encore que chacun peut y trouver ou dans lesquelles chacun peut s’y retrouver.

    voilà ma petite note de printemps pour Catherine !!!

    Marie-Pierre

  3. Kacho dit :

    Un travail technique de chercheur sans cesse réinventé, une progression constante et une remise en question quasi permanente au service d’un univers… bien à elle.
    Ses peintures se sentent et se ressentent autant qu’elles se regardent… A chacun de se retrouver ou pas dans cet univers proposé sans jamais être imposé.
    Sous couvert de poésie et de thèmes délicats c’est avant tout un peintre de talent capable d’exploiter tout les supports et différentes techniques, d’aller à la rencontre des autres et de travailler en collaboration. Sa peinture transpire son humanisme et son altruisme. Je souhaite à chacun de pouvoir voir ses toiles ailleurs que sur la toile…
    Et d’admirer…….. le travail !!!

  4. Cécile dit :

    Magnifique travail et quelle douceur… Propice aux rêves enchantés.
    Merci pour ce voyage onirique!

  5. mary dit :

    Catherine a un talent fou!!!! elle nous enchante avec ses demoiselles , drapées et enrubannées,quelle poésie !
    J’ai eu la chance de participer à une de ses expos et il est vrai que deux talents conjugués: celui de Catherine et Joêlle Normand nous plonge dans un univers magique!
    Merci pour cet article.
    Mary Champagne

  6. roland dit :

    ses créations sont le reflet de sa personnalité
    talentueuse rayonnante lumineuse et spontanée
    l’art de réver

  7. c’est très poétique et léger, belle découverte, @ bientôt

  8. Missbavarde dit :

    Ca me fait un peu pensé à Rebecca Dautremer ses illustrations, surtout dans les portraits en fait, elle est douée 🙂

  9. florence dit :

    je l’avais découverte brièvement dans un de tes reportages , je la découvre plus amplement aujourd’hui et j’avoue que je suis fan de ses peintures et de son univers bien a elle !
    merci de cette jolie découverte Agathe

  10. DarkGally dit :

    Je ne connaissais pas mais c’est vraiment très très beau. Tout un monde onirique se dégage !